Jour de fêteMireille Fulpius (FR/CH) & Sylvie Bourcy (FR/CA)

Parmi les nombreux effets du réchauffement climatique, désormais les barques, fragiles, se remplissent des exclus de la fête cherchant un lieu d’accueil pour leurs espoirs. En art, le motif de la barque errante est récurrent. On la retrouve dans de nombreuses peintures, telle La Nef des fous, de J. Bosch ou L’Enfer de Delacroix représentant Dante et Virgile, mais aussi plus près de nous, avec Road to exile du Franco-Camerounais Barthélemy Togo.

Mireille Fulpius et Sylvie Bourcy font de ces barques ballottées, échouées ou retournées contre les roches, les fantômes des embarcations naviguant autrefois sur le Thiou et jouent sur l’ambiguïté d’une image poétique dénonçant à la fois un système économique mortifère, le risque inouï pris par les migrants pour survivre autant qu’elles ouvrent les portes de l’imaginaire. Car comme nous le dit Bachelard, « aucune utilité ne peut légitimer le risque immense de partir sur les flots. Il faut des intérêts puissants qui sont ceux que l’on rêve et pas ceux que l’on calcule ».


Artiste plasticienne franco-suisse, Mireille Fulpius (née en 1951) apprend tôt à considérer la nature. Peut-être est-ce là, dans cette insatiable curiosité de la vie, qu’on trouve le point de départ de ce qui deviendra son activité essentielle : la sculpture. Libre exploratrice, elle alterne les matériaux – métal, bois et papier – ainsi que les techniques, occupant l’espace dedans/dehors via la création de sculptures, d’installations et d’estampages. Tout l’intéresse, tout semble possible. En 1990, elle installe son atelier dans une friche industrielle dont les dimensions modifieront considérablement ses repères spatiaux. C’est aussi pour elle une période de redécouverte du bois qui marquera un tournant décisif dans sa pratique artistique. Des grandes pièces exécutées rapidement à la tronçonneuse sortent de son l’atelier bois et quantité d’empreintes de végétaux frottées à l’encre sur toiles ou papier, sortent de son atelier de dessin. 

Sylvie Bourcy (née en 1956) étudie l’histoire à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne puis travaille à Tignes (Savoie) en tant qu’attachée de presse. Elle est amenée à mettre en oeuvre le projet d’une fresque monumentale sur le barrage hydroélectrique de Tignes (Savoie) proposé par le peintre Jean-Marie Pierret, ce qui la décidera à changer d’environnement professionnel. Après une formation en ingénierie culturelle à l’ARSEC Lyon, elle assurera diverses missions en tant que coordinatrice et commissaire d’expositions.

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LieuThiou
Quai des Cordeliers
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Création 2024


Crédit Agricole des Savoie est mécène de cette installation

Crédit Agricole des Savoie